Direction Informatique

Démontrer les bénéfices du virage vert pour l’entreprise

Par Vawn Himmelsbach — Collaboration spéciale

Compte tenu de la dégringolade des marchés mondiaux et des réticences généralisées à délier les bourses, le virage vert n’entre pas dans les priorités absolues de votre entreprise.

La dernière élection fédérale a démontré que les Canadiens n’étaient pas prêts à accepter l’imposition d’une taxe sur le carbone ni les initiatives environnementales proposées par le Parti libéral. Par conséquent, comment les responsables des technologies de l’information peuvent-ils convaincre l’équipe de direction que le virage vert est bénéfique non seulement pour l’environnement, mais aussi pour l’entreprise? Analyse de stratégie.

HAUTE DIRECTION : « L’idée est intéressante, mais le moment est mal choisi. »

RESPONSABLE DES TI : « Au contraire, l’occasion est idéale. Si vous êtes vraiment disposé à discuter du virage vert, mettez l’accent sur la rationalisation et la virtualisation, indique Jason Bremner, directeur d’études sur le matériel d’infrastructure auprès de IDC Canada. Si vous êtes prêt à lancer l’idée, présentez-la de cette façon. »

Toutefois, un élément que les gens ont tendance à oublier, c’est qu’ils ne sont pas obligés de virtualiser pour rationaliser – qui signifie simplement réduire le nombre d’appareils qu’utilise une entreprise. Si tous les employés sont équipés d’un ordinateur de bureau et d’un bloc-notes, par exemple, ils auraient probablement avantage à se limiter à un seul appareil. L’opération n’exige aucune virtualisation – il s’agit strictement d’une rationalisation et d’une réorganisation (un concept que même le plus timoré des technophobes peut comprendre).

Dans le cas de serveurs ou d’autres formes d’infrastructure, vous pouvez encore consolider sans virtualiser. Un grand nombre de procédés de TI stipulent qu’en cas de déploiement d’une nouvelle application, il est indispensable de l’installer sur un nouveau serveur. Toutefois, vous pouvez exécuter deux applications sur le même serveur – sans avoir à recourir à la virtualisation. « En général, les entreprises adoptent une approche progressive, ajoute M. Bremner. La première étape consiste à rationaliser, qu’il y ait virtualisation ou non. »

HAUTE DIRECTION : « Bien sûr, mais pouvez-vous me dire ce que seront les résultats en terme de rendement du capital investi? »

RESPONSABLE DES TI : Si vous pouvez réduire le nombre de serveurs et d’autres dispositifs comme des routeurs, des commutateurs ou des bibliothèques de bandes volumineuses, vous pouvez économiser sur le coût d’alimentation électrique de ces appareils, et éventuellement sur le coût de vos biens. Par exemple, IDC a effectué une étude à l’université Ryerson de Toronto et a constaté qu’en rationalisant et virtualisant ses services informatiques au département des TI – de 200 à 20 ou 25 serveurs – le budget alloué à l’alimentation électrique de ces serveurs baisserait de près de 80 %.

« Toutefois, il faut établir des objectifs réalistes quant aux avantages financiers possibles, poursuit M. Bremner, car vous pourriez avoir à dépenser pour économiser. En général, les entreprises réalisent des économies de 20 à 25 % la première année grâce à la virtualisation si elles parviennent à réduire le nombre de leurs serveurs de 20 % ou plus. Des économies subséquentes sont enregistrées par la suite. »

« En moyenne, les serveurs fonctionnent à moins de 10 % de leur capacité, de sorte que des coûts indirects importants en résultent », déclare David McJannet, directeur de groupe à la division Windows Server Systems chez Microsoft Canada. Le site Web de Microsoft offre gratuitement un calculateur de rendement permettant de déterminer les économies réalisées à la suite d’une virtualisation des serveurs, ainsi qu’un outil aidant à identifier les serveurs de votre environnement qui bénéficieraient le plus d’une virtualisation, en plus d’un aperçu du plan d’exécution. « L’opération de virtualisation est assez rapide, mais le défi consiste à élaborer les procédés et à les gérer adéquatement. La gestion devient l’aspect le plus important. » Tenez compte de ce critère dans le calcul du rendement anticipé.

HAUTE DIRECTION : « Dans le cadre d’un virage vert, est-il raisonnable d’enfouir dans le sol de vieux serveurs simplement pour en racheter d’autres? »

RESPONSABLE DES TI : « Avant de construire un nouveau centre de données ou de se laisser séduire par des fournisseurs de matériel pressés de vous vendre d’autres serveurs, examinez attentivement les produits dont vous disposez, recommande Rakesh Kumar, vice-président chez Gartner. Si vos serveurs datent de trois, quatre ou cinq ans, il est fort probable qu’ils soient encore très utiles. Il n’existe aucune raison pour laquelle nous ne pouvons pas virtualiser ces serveurs, car les logiciels sont parfaitement compatibles avec la plupart de systèmes x86. Utilisez vos éléments d’actifs existants; n’achetez pas de nouveaux produits. »

HAUTE DIRECTION : « Alors, pour quelles raisons avons-nous acheté tous ces produits? »

RESPONSABLE DES TI : Votre première intervention, à titre de responsable des TI, est de vous occuper de vos propres éléments d’actif. « La quantité de rebuts à l’échelle d’une entreprise est extrêmement élevée, explique Chris Pratt, directeur d’initiatives stratégiques chez IBM Canada. Nous avons passé deux décennies à multiplier les serveurs plutôt qu’à les rationaliser, et les produits d’archivage sont aujourd’hui si abordables que les entreprises disposent d’une quantité de disques qui dépasse largement leur besoin. Les gens constatent maintenant qu’ils ne peuvent plus se débarrasser de leur équipement à la moindre défaillance, de sorte que le responsable des TI est appelé à résoudre lui-même les problèmes qu’éprouvent ses installations. »

« On ne tolère plus que les serveurs fonctionnent à 5 % de leur capacité dans chaque service de l’entreprise. Toutefois, le virage vert que doit amorcer le centre de données n’est pas un projet “à échéance fixe”; il se compare plutôt à un changement de style de vie. Il s’agit de faire les choses différemment. Cela ne signifie pas pour autant que nous devions tous devenir des “écolos enragés” et refuser de prendre des décisions commerciales réfléchies. »

HAUTE DIRECTION : « En quoi tout cela contribuera-t-il à l’application d’une stratégie écologique globale? »

RESPONSABLE DES TI : Pensez à tout ce que vous pourriez faire avec les économies générées par la rationalisation et la virtualisation des serveurs. Ces sommes pourraient sans doute être injectées dans d’autres secteurs commerciaux ou dans des projets plus écologiques. La virtualisation ne se limite pas aux serveurs – elle peut être étendue aux produits d’archivage, aux réseaux, aux ordinateurs de bureau et aux applications.

Comme le souligne Geoff Hayami, directeur du développement des affaires des centres de données chez Cisco Canada : « Dans le domaine de la virtualisation des réseaux, nous sommes passés du modèle consistant à utiliser des dispositifs exclusifs à des fonctions spécifiques au point d’interrogation suivant : comment plusieurs fonctions d’affaires peuvent-elles tirer avantage d’un seul appareil? » Exposez aux dirigeants la valeur qu’apporte la virtualisation à l’optimisation des éléments d’actif dont ils disposent déjà, ainsi que ses incidences sur les résultats. À l’heure actuelle, les entreprises étudient avec plus de rigueur le besoin de se procurer de la nouvelle technologie, ce qui les contraint à examiner plus attentivement leur infrastructure existante et à trouver les moyens de la rentabiliser au maximum.

« L’avantage économique est étroitement lié à l’avantage écologique, indique M. McJannet, car les deux visent le même objectif. Il s’agit d’un de ces rares scénarios où deux solutions servent le même intérêt. » Comme moins de 10 % des serveurs sont virtualisés à l’échelle internationale, les possibilités de créer un impact mondial sont énormes.

admin - 17 novembre 2008 -
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