Comment les systèmes de gestion de la performance contribuent à l’amélioration de l’efficacité énergétique
Par Martin Jetté - Directeur général, OSIsoft Canada
À l’heure où la réduction des coûts énergétiques devient un enjeu de taille au sein des organisations, les systèmes de gestion de la performance peuvent fournir une aide précieuse. Certaines entreprises pionnières comme Kodak en témoignent.
Les nouvelles réglementations environnementales imposent nombre de contraintes aux entreprises qui ne sont pas sans conséquence sur leur santé financière. Les programmes d’économie d’énergie et de réduction de gaz à effet de serre (GES) mis de l’avant par diverses instances représentent un lourd défi pour de nombreuses organisations. Ainsi, le protocole de Kyoto cible une réduction d’ici 2012 de 6 % des émissions de GES par rapport au niveau de 1990. Le gouvernement canadien envisage, d’autre part, de mettre en œuvre un programme pour des réductions d’ici 2050 de 80 % des GES par rapport au niveau de 1990.
Et les difficultés ne s’arrêtent pas là, les coûts énergétiques n’ayant cessé d’augmenter dans les 30 dernières années. Selon l’Information Administration Energy (EIA), organisme gouvernemental américain, les factures de pétrole, de gaz naturel, de charbon et d’électricité ont toutes augmenté significativement au cours des dernières années. Pour donner une idée du fardeau financier que cela représente, il suffit de voir l’importance du poste de consommation d’énergie dans l’ensemble des coûts de production.
Par exemple, la facture d’électricité représente de 20 % à 40 % du total des frais d’exploitation pour les alumineries et, en moyenne, 30 % dans le domaine de la gestion de l’eau. Autre exemple dans le secteur des salles de serveurs où l’énergie est le premier coût d’exploitation en importance – à ce sujet, il faut savoir que presque 2 % de l’électricité produite aux États-Unis est utilisée pour alimenter ces salles de serveurs, dont certaines consomment plus qu’une ville de 100 000 habitants.
Voilà d’excellentes raisons d’ajouter le poste « coûts énergétiques » au rapport financier de son entreprise. Cependant, il importe avant tout de mettre en place des mesures de saine gestion de l’énergie. Non seulement elles auront un effet bénéfique sur l’environnement, mais également sur les finances de l’entreprise. Et ces avantages sont récurrents, année après année.
Contribution d’une infrastructure de gestion de la performance aux projets de gestion énergétique
En général, un projet de gestion de l’énergie se déroule en quatre étapes simplifiées : analyse de la situation; recherche, analyse et choix de solutions; mise en œuvre de la solution choisie; diffusion des résultats et suivi post implantation. Les systèmes d’information sur la gestion de l’énergie (SIGE) peuvent jouer un rôle prépondérant dans la réalisation d’un tel projet. Ils peuvent grandement aider les entreprises, particulièrement à la première et à la dernière étape du processus.
Largement utilisé dans des secteurs variés – production, manufacturier, services publics et sciences de la vie notamment – le système PI (Plant Information), développé par OSIsoft permet de gérer les événements en temps réel. Il devient alors possible de compiler, d’analyser et de contrôler les variables et les performances de l’environnement de production, en mode évolutif et à l’échelle de l’entreprise.
Aussi, le système PI permet de dresser l’inventaire des sources d’énergie, objectif essentiel de la première étape du projet de gestion énergétique – c’est-à-dire l’analyse de la situation. Plus la base de référence ainsi constituée sera exhaustive, plus l’étape suivante s’en trouvera simplifiée et riche. Il s’agit ici de catégoriser la consommation d’énergie au sein de l’organisation (par services, par secteurs, par sites, etc.).
Grâce aux interfaces de communication multiples, ce système d’information regroupe et centralise en temps réel les données provenant de différentes sources, comme les données de laboratoires, les données de compteurs, le prix des commodités, etc. Sa capacité à traiter de hauts volumes de données permet d’effectuer des calculs centralisés qui servent à normaliser les paramètres de production et à les ajuster en fonction de l’efficacité énergétique.
Un tel système aidera aussi à mesurer les avantages ainsi obtenus. Ses fonctions de calcul avancées détermineront l’efficacité de chaque unité, les émissions de toutes sortes, la répartition de l’énergie, le facteur de puissance (FP) et les économies réalisées, entre autres paramètres. Ces analyses ont lieu à la quatrième et dernière étape du projet, qui consiste à faire les ajustements nécessaires et à diffuser les résultats à la grandeur de l’organisation. Pour faciliter cette dernière tâche, un système efficace mettra à la disposition de chaque utilisateur des outils de visualisation, d’analyse et de rapport conviviaux.
L’exemple de Kodak
La société Kodak fournit un exemple éloquent de la contribution des infrastructures de gestion de la performance à l’efficacité énergétique. L’entreprise a lancé un projet de réduction des coûts énergétiques sur le vaste site qu’elle exploite à Rochester, dans l’État de New York. On y retrouvait alors deux centrales de production d’électricité, 150 immeubles, plus de 1 200 compteurs de consommation et au-delà de 11 000 employés.
Le suivi de la production d’énergie se faisait à l’aide de systèmes d’automatisation et de contrôle disparates, disséminés en divers endroits. L’initiative énergétique de Kodak visait à améliorer la gestion de la demande en électricité de façon à réduire les coûts de production, ainsi qu’à optimiser l’utilisation des actifs. Dans ses processus de production globale, Kodak se sert de l’infrastructure de gestion de la performance PI d’OSIsoft. Cet outil a été mis à profit dans le cadre du nouveau projet également. Il a servi à collecter, à unifier, à archiver et à traiter méthodiquement les données, ainsi qu’à diffuser l’information par le truchement d’un portail.
Des problèmes clés ont ainsi été identifiés : démarrage d’équipements simultanés engendrant une demande d’électricité ponctuelle élevée, formation déficiente des opérateurs, manque de cohésion entre les services, absence de gestion de l’éclairage et du chauffage… L’initiative a permis d’établir une corrélation en temps réel entre la production et la consommation d’énergie. Du coup, il a été possible de mieux répartir la consommation entre les unités, les immeubles et les secteurs.
Finalement, l’une des deux centrales de production d’électricité a été fermée et, de façon générale, l’entreprise économise des millions de dollars. Le rendement de l’investissement dans le projet a été de 24 mois.
Bien sûr, des éléments autres que le recours au système de gestion de la performance ont contribué au succès du projet. Il n’en demeure pas moins que la diffusion de l’information a permis de mettre les renseignements pertinents à la disposition de tous les employés. Selon la direction, cela a eu pour effet d’instaurer une culture de saine gestion et d’économie de l’énergie. Grâce à la prise de conscience de tous et chacun et en ayant des informations en temps réel sur le coût énergétique des opérations, le changement a pu s’opérer.
Parmi les autres facteurs clés de réussite d’un projet de gestion énergétique quel qu’il soit, mentionnons le support et la collaboration de la haute direction; la nomination d’un responsable direct de la gestion de l’énergie; l’entretien de bonnes relations avec les fournisseurs technologiques et de bonnes connaissances dans ce domaine; la valorisation de la gestion énergétique au même titre que la production et la qualité; une culture d’entreprise favorisant l’amélioration continue; et la mise en place d’objectifs simples et réalisables.
Globalement, les sociétés visionnaires en la matière stipulent qu’un projet de gestion de l’énergie nécessite une vision à long terme et un rendement de l’investissement s’échelonnant sur des périodes de 2 à 5 ans, plutôt que quelques mois comme la plupart des projets traditionnels.
Au moment où a été lancé son projet, Kodak avait atteint le stade où la gestion énergétique revêtait un caractère crucial. De plus en plus, il s’agit d’un facteur incontournable en corrélation directe avec la santé financière des entreprises, voire avec leur survie. Voilà pourquoi il est impératif de planifier la gestion énergétique, ainsi que de recueillir et d’analyser les vastes volumes de données qui permettront d’en faire un succès. À cet égard, un système de gestion de la performance efficace devient un outil essentiel.
OSIsoft est un chef de file en développement de solutions de gestion et d’amélioration de la performance dans les entreprises visant la production de biens et services.
admin - 17 novembre 2008 -| del.icio.us | Digg IT | Furl | Google | magnolia | StumbleIT | Wink | Yahoo! | Technorati |
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