Direction Informatique

L’art de justifier les technologies durables

Par Vawn Himmelsbach - Collaboration spéciale

La présentation des solutions de technologies durables demande une certaine finesse. Sous le mode questions/réponses, nous illustrons ici certaines objections que posent les membres de la haute direction aux professionnels des TI, et nous aidons ces derniers à élaborer leurs réponses. Guide pratique à garder sous la main.

HAUTE DIRECTION : « Nous continuons à investir dans la salle des serveurs, mais pourquoi ne pouvons-nous pas continuer à utiliser l’équipement que nous possédons déjà? »

RESPONSABLE DES TI : La réponse varie en partie selon le domaine, mais elle est facile à expliquer au moyen du développement de l’automobile. Au fil des décennies, nous avons créé des voitures toujours plus puissantes et plus rapides, raconte Aaron Hay, consultant en recherche chez Info-Tech Research Group, mais personne ne portait attention à l’économie de carburant, jusqu’au début des années 1970. Un phénomène semblable s’est produit dans le monde informatique : l’accent était mis sur la puissance de traitement. Ce n’est que depuis trois ou quatre ans que les gens commencent à se soucier de la consommation d’énergie.

L’utilisation de vieil équipement est en quelque sorte un raccourci, dit-il, mais il s’agit de l’avenue qu’empruntent les responsables des technologies de l’information s’ils n’arrivent pas à obtenir l’autorisation pour mettre les serveurs à niveau ou si leur budget ne leur permet pas de le faire. « Le taux d’utilisation n’est peut-être pas de 70 %, mais rien ne vous empêche de faire fonctionner deux ou trois applications de routine en même temps sur un serveur », affirme-t-il. De plus, si vous parvenez à démontrer les avantages de la virtualisation ne serait-ce que pour quelques applications, vous êtes sur la bonne voie pour aller de l’avant.

HAUTE DIRECTION : « Nous amorçons un virage environnemental et disons à nos clients à quel point nous sommes écologiques. En passant, où en êtes-vous par rapport à la réduction de votre budget de 15 %? »

RESPONSABLE DES TI : En tant que responsable des TI, vous vous trouvez peut-être dans une situation délicate. Il est possible que la haute direction ait élaboré un programme vert, mais qu’elle n’ait ni plan ni budget pour le concrétiser. Il se peut aussi qu’elle ne fasse qu’en discuter, sans jamais agir. Si vous travaillez pour une institution financière prise dans le tourbillon de la crise économique, l’environnement ne se classe probablement pas très haut dans la liste des priorités. Mais si l’ensemble de la stratégie de commercialisation de votre entreprise est fondé sur le développement durable, alors l’environnement est une grande priorité, déclare Chris Pratt, responsable des initiatives stratégiques chez IBM Canada.

Quelle que soit la situation, vous devez atteindre un certain équilibre. « Tout ne peut pas être une question d’attrait ou de budget, dit-il. La bonne nouvelle est que le rendement des solutions vertes est assez facile à évaluer, en comparaison à d’autres initiatives écologiques. » Tandis qu’il peut être difficile, voire impossible, de chiffrer le rendement du capital investi dans les projets relatifs au Web 2.0, il existe des statistiques éloquentes sur l’écologisation des TI, par exemple les kilowattheures, le nombre de tonnes de déchets et les niveaux d’émission.

Il faut aussi tenir compte du type d’entreprise. Tandis que les activités d’une banque sont exécutées à l’aide d’ordinateurs, celles d’une société minière nécessitent l’utilisation d’appareils qui creusent des trous dans le sol, souligne-t-il. Dans un tel cas, il est peut-être préférable d’orienter les initiatives écologiques sur autre chose que le centre informatique.

HAUTE DIRECTION : « Nous avons déjà beaucoup investi dans le centre informatique, alors pourquoi devrais-je approuver la construction d’un nouveau centre informatique ou la mise à niveau du centre actuel? »

RESPONSABLE DES TI : Si l’entreprise possède un programme de réduction des émissions de CO2 ou de durabilité de l’environnement comportant des objectifs environnementaux spécifiques, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour utiliser l’écologisation des TI pour atteindre ces objectifs. Mais dans bien des cas, de tels programmes n’existent pas, affirme Dick Sullivan, directeur du service de la commercialisation des solutions pour entreprises chez EMC. Et, même si un programme de ce genre existe, ce n’est pas d’une importance capitale aux yeux du supérieur du responsable des TI.

Mais si vous abordez la question du bon angle, vous pouvez économiser de l’énergie et de l’argent, tout en augmentant l’efficacité des activités relatives aux TI au sein de l’entreprise, dit-il. Il n’est pas rare de trouver de l’équipement désuet et inutile qui ne fait que gaspiller de l’énergie et de l’espace.

La virtualisation n’est qu’un des éléments de l’écologisation des TI. En fin de compte, il est préférable de regrouper le plus d’actifs possible : serveurs, stockage, réseaux, applications, solutions de TI et centres informatiques. Mais comment faire passer le message? Tout est une question d’efficacité, déclare M. Sullivan. Prenons la virtualisation. Elle vous permet de dimensionner vos équipements informatiques de façon beaucoup plus efficace, ce qui permet de mieux adapter vos activités de TI aux besoins de l’entreprise.

« Ce qui est bien, c’est que ça ne fait aucune différence que vous soyez un environnementaliste ou un chef d’entreprise intraitable, dit-il. Nous vous conseillons exactement la même chose : rationalisez vos activités, rendez-les plus efficaces et consommez moins d’énergie. »

HAUTE DIRECTION : « Ça semble intéressant, mais nous n’aimons pas l’idée de déplacer l’ensemble de notre centre informatique dans un environnement virtuel d’un seul coup. »

RESPONSABLE DES TI : La virtualisation de quelques serveurs est une bonne façon de commencer, particulièrement si le responsable des TI ne connaît pas bien cette technologie ou n’est pas assez en confiance pour déplacer l’ensemble du centre informatique dans un environnement virtuel d’un seul coup. Pour chaque serveur virtualisé, vous pouvez prévoir des économies annuelles de l’ordre de 700 $ US ou 7 000 kWh (soit l’équivalent d’éliminer quatre tonnes de CO2 ou de planter 55 arbres).

« Lorsque les gens atteignent un certain point dans la mise en œuvre, ils commencent à songer à tout virtualiser, affirme Josh Leslie, directeur des alliances chez VMware. Concentrez-vous moins sur la consolidation, et davantage sur l’adoption d’une nouvelle approche relative aux activités du centre informatique. Dans certains cas, il est possible de consolider une application dans un rapport de 10:1, mais il se peut qu’une autre application ne puisse être consolidée que dans un rapport de 1:1. Toutefois, il demeure avantageux de l’utiliser dans un environnement virtuel pour des raisons de sécurité et de gestion.

« Lorsque 100 % de votre environnement est mobile, le taux d’utilisation de celui-ci augmente », dit-il. Le rendement du capital investi peut être considérable, selon la consolidation, le montant de votre facture d’énergie et les frais relatifs à chaque pied carré d’espace de votre centre informatique.

admin - 27 octobre 2008 -
del.icio.us | Digg IT | Furl | Google | magnolia | StumbleIT | Wink | Yahoo! | Technorati


Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire