Direction Informatique

Comment vendre un projet environnemental

par Vawn Himmelsbach - Collaboration spéciale

On ne présente pas un projet d’informatique respectueuse de l’environnement en tant que tel à la haute direction. Il faut utiliser des arguments et un langage auxquels est sensible la haute direction : le langage financier.

Vert.jpgÉvidemment, tout le monde est pour la protection de l’environnement, mais cela ne veut pas nécessairement dire que votre entreprise soit prête à investir dans le secteur de l’informatique respectueuse de l’environnement. Et les directeurs des services informatiques (DSI) peuvent trouver cela difficile de convaincre la haute direction d’investir dans un nouveau centre de données ou d’acheter de nouveaux serveurs, simplement parce qu’ils sont plus respectueux de l’environnement.

Dans bien des cas, les DSI n’ont pas réussi à bien communiquer les enjeux autour de l’informatique respectueuse de l’environnement et ont obtenu une réponse négative de la part de la haute direction. La vérité, c’est que nous faisons face à un véritable problème de consommation de l’énergie et que la protection de l’environnement fait partie des sujets de l’heure, de dire Rakesh Kumar, vice-président de Gartner. Si les enjeux sont décalés et que le directeur de l’informatique fait une demande d’investissement, il va assurément obtenir une réponse négative.Mais si le directeur du service informatique réussit à présenter sa cause en termes d’efficience opérationnelle et de réduction de coûts énergétiques, il (ou elle) a plus de chances d’obtenir l’appui de la haute direction et le financement requis pour démarrer ses projets, puisque les gens vont être plus enclins à investir pour économiser des frais. « Si le directeur du service informatique présente les enjeux sous un angle davantage générique, en tant que mesure permettant de protéger l’environnement, ce qui est valide, il ou elle n’obtiendra pas une réponse favorable. »
Voici de quelle manière un DSI pourrait présenter son projet, de telle sorte qu’il permette de rejoindre les préoccupations de la haute direction.

PDG : « Je suis d’accord pour protéger l’environnement, mais j’ai une entreprise à faire rouler et les temps sont durs. »

DSI : Ne vous présentez
pas comme un sauveur de baleines. Montrez plutôt comment cela va aider l’entreprise, et plus particulièrement en période économique difficile. Faites un audit énergétique du centre de données, comprenez les projections d’avenir et utilisez cela en tant qu’éléments de base de la présentation que vous ferez 
à la haute direction.

L’Agence américaine de protection de l’environnement s’attend à ce que la consommation en énergie des centres de données double entre 2006 et 2011, affirme Rakesh Kumar, et une fois que les défis sont articulés de cette façon, en des termes financiers et pragmatiques, vous pouvez jouer la carte de la protection des arbres et des baleines, si ça vous chante.
En douze mois, vous pourriez libérer une quantité significative de ressources en ayant recours aux techniques de virtualisation et de consolidation. Vous pourriez restructurer les serveurs en quelques semaines et faire des études sur le débit d’air au bout d’un à deux mois. « Le directeur du service informatique peut établir une série d’activités présentant de quelle manière la situation va évoluer au cours de la prochaine année et fournir des données sur les économies que l’entreprise pourra ainsi réaliser », dit-il.

PDG : « Considérant l’ampleur de l’investissement que vous me demandez, est-ce que les économies en frais énergétiques vont vraiment en valoir la peine? »

DSI : Votre dossier d’affaires peut devenir extrêmement intéressant si vous mettez l’emphase sur l’optimisation de la réduction des coûts énergétiques, d’autant plus si vous faites valoir que le fait de reporter l’achat d’équipement moins énergivore va entraîner des coûts inutiles d’ici là.

La discussion ne devrait pas tourner autour des retombées environnementales, mais plutôt s’appuyer sur un dossier d’affaires bien ficelé — et ensuite on peut ajouter, en périphérie de la discussion, que cela permettra de réduire les impacts environnementaux, de dire Aaron Hay, consultant en recherche chez Info-Tech Research Group.

Par exemple, supposons que vous avez vingt bâtis de serveurs qui consomment trois kilowatts heure chacun et qu’après les avoir mis à niveau, vous obtenez dix bâtis de serveurs qui consomment deux kilowatts heure chacun, à six cents le kilowatt-heure. Si vous mettez à niveau vos serveurs pour une utilisation double, en recourant à la virtualisation, et que vous mettez à niveau votre système de refroidissement et de ventilation (au Canada, on peut se limiter à puiser de l’air à l’extérieur en hiver pour refroidir un centre de données), vous pouvez aisément calculer les économies que ces mises à niveau procureront à l’entreprise.

Et il s’agit d’estimations relativement conservatrices, affirme Aaron Hay, puisque dans certains états améri-cains, le prix est de 12 cents le kilowatt-heure. « Un tel projet peut avoir des retombées intéressantes et c’est un dossier d’affaires qui est facile à prouver. »

Cela peut également permettre d’accommoder de nouveaux besoins informatiques pour une expansion future sans avoir à acheter d’équipement additionnel et de mettre sur pied une infrastructure plus efficiente et plus fiable, ce qui contribuerait aussi à réduire les temps d’arrêt.

Autre exemple, certaines entreprises de services publics en Amérique du Nord, telle que BC Hydro, ont collaboré avec VMware pour mettre sur pied des programmes de rabais pour des projets de virtualisation, ce qui constitue un autre argument que le directeur des systèmes d’information peut ajouter à son dossier d’affaires. Des clients peuvent espérer économiser entre 150 $ US et 500 $ US pour chaque serveur qui a été virtualisé et sorti du centre de données.

admin - 26 septembre 2008 -
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